Bonjour à tous !

Voilà, on va bientôt franchir le Tropique puis quitter l'Argentine pour rentrer en Bolivie. Déjà presque 2 mois que l'on était en Argentine ... ça va nous manquer ! Mais on a plein de souvenirs "typiquement argentins" dans la tête, en voici quelques uns en vrac :

IMG_2309- les asados du dimanche avec de la viande trop bonne et pas chère, en particulier l'asado de tira et le bife de chorizo. Plus récemment, on a aussi testé un bon churrasco de lomo. Au milieu du repas, quand tout le monde se délecte, quelqu'un lance "un aplauso para el asador" afin de féliciter le cuistot familial.

- la "carne" sous toutes ses formes : asado évidemment, mais aussi milanesas (boeuf) et supremas (même chose mais au poulet), empanadas, pastel de papas (hachis parmentier amélioré), et j'en passe ...

IMG_2414- les bodegas le long de la route entre Mendoza et San Juan, puis vers Salta. C'est vraiment les régions du vin et certains sont très bons, notamment les Malbecs qui poussent très bien vers Mendoza.

IMG_2228    

- le maté. Les argentins ne se baladent pas tous dans la rue avec leur thermos et leur tasse comme en Uruguay mais le maté reste LA boisson par excellence. C'est convivial, tout le monde se le fait passer et celui qui a préparé en premier prépare la recharge pour tout le monde. On n'utilise qu'une seule tasse (spéciale, avec une paille en acier avec filtre pour ne pas que les herbes remontent). C'est cette tasse que les gens se font passer quand ils l'ont finie. On en boit à toute heure, et tout spécialement, quand quelqu'un débarque chez un ami, il se fait proposer du maté.

- le tango, surtout à Buenos Aires. Il y a le vieux tango (dansé par l'ancienne generation) et le nouveau tango, dansé par les jeunes et avec davantage d'acrobaties et de trucs techniques. Evidemment les vieux trouvent que le nouveau tango a perdu de son essence et que "c'était mieux avant".

IMG_2165- la vie de famille. La famille nombreuse commence ici à partir de 7 enfants (contre 3 en France !), les familles sont donc assez larges ! Il arrive souvent, pour des raisons financières, qu'un ou plusieurs des enfants vivent encore chez leurs parents une fois mariés et avec des enfants, ça permet de diminuer les coûts. Les liens paraissent plus forts ici, avec les enfants qui passent chez leurs parents à toute heure simplement pour dire bonjour.

- Les horaires décalées et la siesta. Ici c'est encore pire qu'en Espagne. On déjeune vers 15h, on dîne à 22h30, on commence à sortir à minuit et on ne va pas en boîte de nuit avant 3h du matin ! Il faut dire aussi que la sieste est très présente et, de 13h à 16h30, il ne faut pas trop compter sur l'ouverture des commerces. C'est particulièrement vrai dans certaines villes du Nord-Ouest argentin qui s'endorment littéralement à ces heures-là.

- la crise de 2001, le pessimisme argentin et le rejet des Yankees. Il y a des familles qui ont beaucoup perdu lors de la crise de 2001. Beaucoup de personnes se sont fait licenciées, notamment par les entreprises étrangères qui n'avaient qu'une idée en tête : fuir ce pays. Les argentins semblent quand même être plein de ressources : la plupart n'ont pas baissé les bras et ont trouvé des petits boulots pour survivre. Pour autant, ils restent assez pessimistes sur l'avenir de leurs pays, pensant qu'ils sont davantage entrain de reculer que d'avancer : la corruption, l'exploitation des ressources de leur pays par des sociétés étrangères qui profitent justement de cette corruption, le chômage,...

Il y a aussi beaucoup de choses que l'on remarque plus particulièrement depuis notre vélo :

IMG_2322- les petites chapelles tout le long de la route. Il y a en presque tous les 5-10 km, elles sont vouées à des saints profanes comme le Gauchito Gil ou la Difunta Correa. Mais surtout, elles sont érigées en l'honneur des personnes qui sont mortes d'accidents de la route. On peut donc facilement réaliser que ces routes peuvent être dangereuses ...

- les argentins ne savent pas faire des cartes routières correctes : aucune indication de l'altitude, pourtant une info primordiale pour nous ! (ahh nos bonnes vieilles cartes Michelin ...). Les km marqués sur nos cartes et ceux marqués sur les panneaux de la route concordent rarement donc on ne sait jamais si le village est à 5km ou 10km (ce qui fait une grosse différence en vélo, surtout dans les montées, argh ..). Enfin, la carte routière marque tous les villages de la même manière, y compris ceux qui sont abandonnés, donc on a eu des mauvaises surprises dans les vallées désertiques : le village où on pensait trouver de l'eau et un casse-croûte n'était qu'un village fantôme ...

- les chiens errants : oui, il y a beaucoup de chiens errants dans les villages mais bizarrement, ils ne sont pas agressifs, car visiblement bien nourris, entre les poubelles des restaurants et la nourriture que leur donne certaines personnes.

- "subir" : c'est le mot espagnol, tout à fait approprié, pour dire "monter". Je trouve ça extra, en ce moment on ne fait que "subir" vers l'altiplano bolivien !

IMG_2534

- "suerte" : littéralement "chance", les gens nous le disent à chaque fois que l'on remonte sur nos vélos !

Bon, il y a encore plein d'autres choses mais ça fait déjà beaucoup à lire !!

Alors Suerte à vous tous !

Caro