"Arapo" ! (Bonjour en langue Dogon)

Après quelques semaines dans le Sahara, nous sommes désormais dans le Sahel, version un peu plus boisée et fertile du Sahara ! Nous avons donc quitté Gao et les bords du fleuve Niger pour nous enfoncer dans la brousse malienne, jusqu'au village de Douentza (à environ 300 km à l'oueste de Gao). C'est ici que nous avons préparé notre "trek" pour le pays Dogon : sur place, en demandant à notre auberge et dans les restaurants, nous avons trouvé notre guide, Tidiani, avec qui il a fallu négocier sec pour ne pas avoir le prix "touriste" !! Nous voilà donc partis pour 5 jours en Pays Dogon, en compagnie également de Pascaline et Thomas, un autre couple français avec qui nous avons fait le trek.

Le pays Dogon, c'est une grosse falaise (Falaise de Bandiagara) d'à peu près 200 km, autour de laquelle sont installés plein de petits villages : les villages de la plaine, les villages plantés à même la falaise et enfin les villages du plateau. Ce sont ces 2 derniers que nous avons traversé pendant ces derniers jours. Après un transfert en 4x4 pour atteindre le premier village de Bamba, nous avons ensuite marché de villages en villages, en dormant dans des "campements" (en fait des cases où l'on peut dormir sur le toit et où on peut dîner). On marchait tôt le matin et en fin d'après-midi car entre 11h et 16h, la chaleur est trop forte (même à l'ombre sans bouger, il fait super chaud !).

L'accueil dans les villages était toujours assez pittoresque : comme le Pays Dogon est devenu assez touristique ces dernières années, les enfants sont habitués (un peu trop) à voir des touristes et à leur demander des petits cadeaux. C'est donc à coup de "Donne moi le bidon" (pour les bouteilles d'eau), "donne-moi le bic", "donne-moi le cadeau" que nous étions accueillis aux abords des villages ou, plus rigolo, le caucasse "Ca va le bidon" ! Mais passé ces premières demandes que nous déclinions invariablement, les enfants commençaient à jouer avec nous : jeux de cartes, chant, danse, leur joie de vivre et leur spontanéité sont saisissantes, d'autant plus que les villages sont littéralement remplis d'enfants. Comme le veut le proverbe, "la richesse d'un paysan réside dans le nombre d'enfants qu'il a", tout un programme donc !

Le Pays Dogon, c'est aussi pour nous la découverte de la vie dans les villages traditionnels. Plusieurs fois par jour les femmes vont chercher l'eau au puit : elles transportent jusqu'à 30L d'eau sur la tête ! Pour avoir essayé, je peux vous dire que c'est très très lourd ! On s'était proposé au premier village de faire la corvée d'eau, et finalement ce sont Esteban et Thomas qui s'y sont collés car c'était vraiment trop lourd pour Pascaline et moi. Pendant que les femmes vont chercher l'eau et le bois, les hommes travaillent aux champs. Bon en cette saison, la récolte est finie donc les hommes fabriquent des briques en boue + paille pour contruire de nouvelles cases. Les femmes sont très actives toute la journée car entre 2 corvées d'eau ou de bois, il faut aussi faire à manger pour toute la famille (repas à base de mil pillé à chaque repas) et s'occuper du bébé (ah oui, j'ai oublié de préciser que pratiquement toutes les femmes ont un petit bébé dans le dos, la fécondité ici est très très élevée !).

Enfin, le Pays Dogon c'est aussi notre premier contact avec des villages animistes. La région regorge de traditions ancestrales avec fêtiches et cérémonies autour des esprits des ancêtres (sacrifices de poulet par exemple), mais ce qui est surprenant c'est que dans les villages Dogons, il y a beaucoup de Dogons convertis à l'Islam et quelques Chrétiens, mais ils conservent toujours leurs croyances animistes : leur religion est toujours un mix des 2 !

Ces 5 jours ont donc été forts en découvertes multiples ! Après avoir traversé les villages de Bamba, Yendouma, Youga et Banani, nous quittons le Pays Dogon pour rallier le Burkina !

A bientôt !

Caro et Esteban