Afrentina

12 décembre 2009

2009 en images

Ca y´est cher lecteur,

Sans surprise, la fin arrive, et c´est avec un petit pincement au coeur que nous achevons ce voyage qui va nous laisser beaucoup de souvenirs en tête.
Ce parcours quelque peu original nous aura permis de voir et rencontrer des cultures que beaucoup de choses opposent mais qui sont aussi similaires par certains côtés. Des terres Algériennes à l´Afrique noire, des plages Brésiliennes au plateaux Andains, nous en avons vu des belles choses, mais plus que tout, nous avons rencontré tellement de gens qui nous ont marqués, et même changés ... Dans chaque pays où nous sommes passés, nous avons reçu un accueil désintéressé, l´hospitalité au sens propre.

Voici ci-dessous un résumé en images de quelques moments forts de chaque pays que nous avons traversés.

De notre côté, nous sommes déjà en route pour notre chère patrie, et il se peut donc que l´on se croise sous peu ..! Nous venons de passer 2 jours à Mendoza dans la famille Rubiño, et quelle leçon de vie nous avons encore reçu : quelle famille fantastique ! Merci les Rubiño. Encore un petit détour par Buenos Aires et ce sera la fin, la vraie cette fois, mais on vous rassure, après toutes ces aventures, on est bien content de rentrer à la maison, où de nouvelles aventures, certes différentes, nous attendent !

On voudrait remercier tous ceux qui nous ont suivis et encouragés (en passant, bonjour à tante Dodo), et saluer tous ceux que nous avons croisés sur la route. On espère vous voir tous très vite.

Stéphane & Caroline

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Algérie Si les appareils avaient existé à l´époque, cette photo aurait pu être prise il y a 500 ans : un Touareg, des dunes, et un coucher de soleil, quoi de plus typique dans le désert Algérien ..?
Ce que ne dit pas la photo, c´est ce que notre ami Touareg était parti faire derrière cette dune .. Faire un petit pipi ? Pas du tout ! Il cherchait tout simplement un peu de réseau pour passer un petit coup de fil ..! Et oui, le Touareg du 21ème siècle lui aussi a un téléphone portable avec les dernières sonneries et un forfait ajustable !!!

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Mali Pays du "peuple accueillant" qui porte si bien son nom. Que ce soit au Pays Dogon, où les traditions ancestrales sont encore très présentes, ou à Djenné et Ségou, où les comportements se sont modernisés sans perdre leur culture, les maliens nous ont prouvé plus d'une fois leur sens de l'hospitalité. Souvent logés chez l'habitant et recommandés de ville en ville, il semblerait que ce soit presque une faute répréhensible de ne pas accueillir et faire sentir à l'étranger qu'il est ici chez lui !

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Burkina  Bobo-Dioulasso, après-midi chez Madou avec son groupe. La culture rasta est très présente en Afrique de l´Ouest. Bien que l´on pourrait penser qu´être rasta soit beaucoup plus accepté en Afrique que chez nous où cela est souvent associé au reggae et à la consommation de cannabis, les choses ne sont pas beaucoup différentes là-bas, et les rastas subissent même encore plus les préjugés et les critiques des gens qui les considèrent comme des drogués. Pour de nombreux rastas que nous avons croisés, le rastafarisme reste avant tout une religion, basée sur une philosophie de vie certes différente, mais qui possède ses croyances et même ses églises (en particulier au Ghana).

En tout cas, nous nous souviendrons de notre séjour à Bobo, où Madou et Yahia nous auront bien baladés et fait découvrir leur musique, par ailleurs assez traditionnelle du coin : goni (instrument à cordes sur la photo), balaphon et jumbé, accompagnés de chants et de danses. Bobo-Dioulasso est d´ailleurs un grenier de jeunes artistes dont certains percent à l´¡nternational.

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Bénin  Une des choses qui nous ont le plus marqués est la présence des croyances traditionnelles un peu partout en Afrique mais encore plus au Bénin, berceau originelle de la culture vaudou. Ainsi, il existe des marchés traditionnels où les africains viennent acheter les animaux recommandés par le marabout du village. Morts ou vivants, entiers ou seulement une partie précise, toutes sortes d'animaux sont sacrifiés : caméléons, rats, serpents, têtes de singe, oeufs d'autruche et plus impressionnant (et désolant étant donné qu'ils sont en voie d'extinction) des hippopotames et des lions !

Parler du vaudou avec eux est assez délicat, d'une part parce que les esprits des ancêtres veillent au grain et il n'est pas bon de les invoquer et d'autre part parce qu'ils souffrent du scepticisme et parfois des moqueries des Européens à l'égard de leur croyance. De manière assez étonnante, le vaudou se pratique en parallèle des autres religions imposées par les colons et les différentes conquêtes. Un musulman ou un fervent catholique croient tout autant en leur unique dieu qu'en l'esprit de leurs ancêtres.

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Togo  Nous sommes restés deux mois au Togo, et y avons travaillé pour deux associations. Forcément, nous avons un petit coup de coeur pour ce pays, où nous avons partagé la vie de pas mal de gens. Mais notre voyage au Togo a surtout été marqué par la rencontre de l´ONG S.A.D., avec qui nous avons travaillé sur des projets, et pour laquelle nous avons pris désormais des responsabilités : nous continuons à soutenir leurs projets et les aider à se développer. Grâce à Pierre de Kambolé, nous avons découvert un autre visage de l´humanitaire et du développement en Afrique.

Ci-dessus, séance de travail avec les membres de l´ONG.

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Ghana  Seul pays anglophone de notre parcours en Afrique de l´Ouest, le Ghana est bien différent de tout ce que nous avons vu. Beaucoup plus développé que ses voisins, le Ghana possède aussi cette British touch qui le rend plus organisé, moins bordélique et plus facile à voyager. Mais bien loin des grandes villes développées, le pays possède une côte magnifique où l´on retrouve des villages aux milieux des cocotiers : un paradis pour les yeux, mais bien loin de disposer de toutes les infrastructures de confort des villes.

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Côte d´Ivoire   L´Attiéké (prononcer atchéké). Plat par définition en Côte d´Ivoire, il est difficile de passer à côté. Et quand comme moi, on adore ça et que l´on sait que l´on ne va passer que 5 jours dans le pays, alors on se gave matin, midi et soir ! Le plat est très simple, de la semoule de manioc, des oignons, des tomates, et de l'huile, il est le plus souvent accompagné de poisson frit ou braisé, mais aussi parfois de viande. Dire que l´attiéké n´est pas cher en Côte d´Ivoire serait un euphémisme ... entre 100 et 300 Francs CFA (entre 15 et 45 centimes d´euros), il faudrait plutôt dire que c´est donné !

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Guinée  Quel paysage plus typique en Guinée qu´un village ou qu´un quartier rempli de cases. En dehors des villes, on ne trouve que ce type de construction, ce qui rend les villages très pittoresques. C'est un pays qui me rappelle beaucoup le Togo, avec ses villes aux atmosphères de villages, ces petits stands où l´on peut se boire du vin de palme ou déguster de l´agouti, sa verdure, ses reliefs, et ses orages, mais aussi ses motos-taxis, et la mentalité en général. Le tourisme en Guinée est beaucoup moins développé qu´ailleurs dans les pays que nous avons visités, et croiser un autre blanc y est assez rare. Pourtant avec ses paysages verts et vallonnés d´un côté et forestiers de l´autre, la Guinée se laisse visiter agréablement.

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Sénégal  Djifer est un petit coin de paradis au bout d'une pointe de sable dans le delta du Siné-Saloum. Loin du brouhaha frénétique des villes, nous nous y sommes accordés une journée de repos bien méritée ! Le Sénégal, ce sont aussi de belles rencontres et la meilleure bouffe de l'Afrique de l'Ouest. Les sénégalais sont également très fiers de la beauté de leurs femmes (et ils ont raison) et proposaient continuellement de trouver une femme pour Tophe, qui, en gentleman, a bien sûr refusé !

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Brésil   C´est un Brésil bien loin des clichés que nous avons trouvé en arrivant à Sao Paolo. Déjà nous avons vraiment été séduits par cette ville, que tout le monde nous disait pourtant dangereuse. De plus, nous allons faire tomber un mythe, mais les Brésiliennes que nous avons vues sont rarement belles ...! Côté plage, nous avons trouvé ce que nous cherchions (des plages magnifiques), mais côté température de l´eau, c´est pas la joie en hiver !

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Uruguay  Nous n´avons passé que peu de temps dans ce pays, mais il mériterait sûrement une petite visite plus approfondie. L´Uruguay ressemble cependant beaucoup à son voisin argentin, et il est difficile de rater les steaks, le vin et les Gauchos, ces cow-boys fermiers des campagnes. Mais ce qui définit vraiment l´Uruguayen, c´est qu´il a toujours une tasse dans la main et un thermos sous le bras pour boire son maté, sorte de thé élevé au rang de boisson nationale.

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Argentine  Nos premiers coups de pédales nous ont emmenés sur les terres arides du désert du Nord de l'Argentine. De grandes vallées désertiques avec quelques rares villages et aucune végétation mais surtout d'interminables lignes droites, à vous donner envie de monter des lacets !

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Bolivie   On aurait pu mettre ici une belle photo du salar d´Uyuni, un de ces paysages saisissants qui ont marqué notre passage dans ce pays. Mais pour nous, ce qui différencie vraiment la Bolivie des autres pays d´Amérique du Sud, ce sont ses habitants. En effet, une grande partie de la population est d´origine indigène, et les visages, les vêtements et les habitudes sont restés bien traditionnels. On parle d´ailleurs ici plus Quechua qu´espagnol. Tout cela contribue à faire de la Bolivie le pays le plus dépaysant que nous ayons connu sur ce continent.

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Pérou   Les 700km entre Cusco et Nasca fut une des semaines les plus sportives de notre périple avec des montées interminables et descentes impressionnantes ! Cette photo a été prise au début de la dernière descente qui part de 4500 m et termine presque au niveau de la mer : 90km de pure descente avec une arrivée au coucher du soleil à couper le souffle. C'est un des rares moments où on s'est sentis exactement à la bonne place au bon moment. un pur moment de plaisir !

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Equateur   Rencontre avec la jungle ... et ses nombreux habitants ! Nous avons vu un nombre incroyable de serpents écrasés sur  la route, certainement à la recherche d'un bout de goudron bien chaud pour se réchauffer, les malheureux. Ces petits moments dans la jungle ont été une bouffée d'air (humide) après des milliers de km dans les Andes !

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Colombie   Le coup de coeur du voyage, tant pour les gens super sympas que l'on a eu la chance de rencontrer que pour les paysages grandioses que l'on a traversés. Mais la Colombie ne serait pas la Colombie sans sa musique et sans ses fruits innombrables aux noms exotiques : maracuya, lullo, mora, etc., nous nous sommes régalés de ces jus 100% vitamine !

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07 décembre 2009

Douce Colombie ...

Salut cher lecteur,

A une semaine de notre vol vers Bogota, nous devrions être en train de penser à la fin, mais au contraire, dans ce pays qui nous épate tous les jours un peu plus, nous profitons au maximum de tout ce que la Colombie nous offre.

Quel pays, mais quel pays !! Tous les jours de nouvelles surprises, de nouvelles saveurs, de nouveaux rythmes ... et tous ces moments partagés avec ces gens débordants de chaleur ! La Colombie ne jouit pas d´une bonne réputation, mais le triste portrait qui en est souvent dépeint ne l´est toujours que par ceux qui n´y sont jamais allés. Voici bien loin des clichés quelques traits de ce pays qui sera sans aucun doute le grand moment de notre séjour en Amérique du Sud :

Les paysages sont tout simplement incroyables ... comme les pays précédents, la Colombie est traversée par les Andes, ce qui donne ici aussi des paysages montagneux superbes. Mais les nombreuses vallées mi-hautes donnent au paysage des allures de Suisse : verdure, vaches et petits villages, une Colombie bucolique à s´y méprendre ...

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La Colombie est le pays de la musique ... dans chaque maison et dans chaque café résonnent les rythmes très typiques de Rumba et de Salsa. Cousine de la musique cubaine et de la musique andine, très colorée par ses racines africaines, les consonances caribéennes vous donnent immédiatement le sourire et la bougeotte.

Comment éviter l´orgie de fruits ici ?! Impossible de passer à côté des baraques à fruits qui ornent chaque ville et chaque bord de route. Dans ce pays où tout pousse, nous avons l´impression de goûter un nouveau fruit tous les jours : guanabana, maracuya, lulo, curuba, caña, ananas, oranges, mangues, goyaves, ..., il n´y a pas de bon moment pour se déguster un jus de fruit naturel, qui peut même parfois remplacer le déjeuner ou le petit déjeuner.

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Enfin, le vrai visage de la Colombie est ses habitants, débordants de chaleur et de joie de vivre. Ce sont eux qui rendent notre séjour si agréable, car loin de leur stéréotype de narco-trafiquants, de terroristes et de voleurs, ce sont bien des gens ouverts, généreux et bien intentionnés que nous rencontrons tous les jours. Qu´on nous offre à manger alors que nous ne demandions que notre chemin, qu´on nous offre le logis alors que nous attendions juste le curé, qu´on me rende plusieurs fois mon billets de 10.000 alors que je voulais donner un billet de 1.000 (c´est pas ma faute, ils sont de la même couleur ..!), ou qu´on nous fasse simplement la discussion chaque fois que nous nous arrêtons quelque part, tous les jours ces Colombiens nous mettent à l´aise chez eux, et nous offrent des moments qui embellissent le voyage.

Nous sommes actuellement dans un petit village de la région du café, où nous passons un peu plus de temps que prévu car le temps glisse tranquillement par ici ... Les étapes se font de plus en plus courtes et nous profitons de nos derniers moments. Nous venons de passer deux jours bien tranquilles dans une ferme de bananes, entourée de champs de bananes peuplés juste d´oiseaux de toutes les couleurs ... hier nous étions dans un petit village où il fait bon traîner sous les palmiers de la petite mais très animée place centrale ... bref, la vie est belle !

C´est peut-être aussi parce que l´on sait que dans moins de deux semaines, nous retrouverons tous ceux qui nous manquent !

En tout cas , cher lecteur, si tu n´en es pas encore convaincu, alors il faut que tu y ailles .. la Colombie te tend les bras ...!

A très très bientôt.

Stéphane

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01 décembre 2009

Colombia, rumba y chachacha

Salut tout le monde !!

Voici quelques nouvelles de la Colombie, où ne vous inquiétez pas, tout va pour le mieux !

Après une première nuit colombienne dans un hôtel basique à Ipiales où le mec n'était pas très causant, nous avons été agréablement surpris par l'amabilité des colombiens. Seulement 1 ou 2 "gringos" en déjà 1 semaine, c'est bon signe ! Les colombiens sont assez curieux, dans le bon sens du terme, ils viennent souvent spontanément nous demander d'où on vient, où on va, comment se passe le voyage, si on parle anglais, si on a besoin d'aide ...

Nous avons bien roulé les 3 premiers jours. Une première étape entre Ipiales et un petit village à côté de Pasto, où nous avons fait la connaissance d'Adrian, un cycliste argentin qui fait le tour de l'Amérique du Sud, déjà plus de 2 ans de vélo, chapeau !! Pour éviter la grande ville de Pasto, nous nous sommes arrêtés dans un village un peu avant et, alors que nous demandions au curé de l'église s'il pouvait nous accueillir pour la nuit et qu'il avait accepté mais à contre-coeur du fait que nous n'étions pas encore mariés, une famille avec qui nous avions discuté auparavant, voyant que cela nous gênait d'embêter le curé, nous a tout simplement proposé de nous loger chez eux ! C'est ainsi que nous avons passé une soirée excellente avec la famille Diaz : Guillermo, le papa, Jessica sa fille et Dari sa petite-fille. Esteban a passé la soirée avec les hommes de la maison (Guillermo et des cousins, oncles ...) et moi j'ai discuté avec les femmes (tantes, cousines...). Ils étaient très curieux de savoir comment c'était dans les autres pays du continent Sud-Américain et en France, j'ai donc du répondre à une foultitude de questions allant des animaux qu'on y voyait à la nourriture typique de Tours. J'ai même tenté une explication des rillettes, mais c'est assez compliqué à expliquer !!

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Après avoir quitté notre petite famille, nous sommes repartis dans le yoyo des Andes colombiennes. Ce jour-là, nous rencontrons "El abuelo" (= le grand-père), un cycliste chilien, 73 ans au compteur dont les 16 dernières années en vélo !! Comme quoi, le vélo n'est pas une question de force physique mais de volonté ! Ce soir-là, nous dormons à Puerto Remolino, une ville essentiellement destinée aux routiers de passage (nombreux sur la Panaméricaine) : hôtels, restaus, bars, rumba, salles de billards. En Colombie, on retrouve vraiment le concept de bar, avec des petites cabanes qui servent bières et différents alcools, tout en diffusant des rythmes exotiques. Esteban est ravi !

Avant d'arriver à la ville d'El Bordo, nous profitons d'une belle journée chaude et ensoleillée, avec des arrêts pour boire de délicieux jus de canne à sucre et citron vert (exquis) et autres jus exotiques. Les teints des colombiens virent carrément au black et on se croirait littéralement en Afrique, avec la musique que l´on entend depuis la route (un des avantages du vélo : on peut sentir les ambiances !) et surtout avec les vendeuses de mangues et autres fruits tropicaux sur le bord de la route.

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Nous rallions ensuite en 2 jours Popayan, avec de plus en plus de pluies hélas ! Cela nous oblige à nous arrêter, le temps que la pluie se calme un peu. C'est comme ça que nous avons fait la connaissance de Maria-Christina, qui , nous voyant nous abriter sous un arbre, nous a proposé de nous abriter chez elle, en nous offrant au passage un thé brûlant au sirop de canne et cannelle, délicieux ! Ca nous a permis de bien nous réchauffer !

A Popayan, nous avons pu visiter le Centre Historique super joli, à base de maisons coloniales toutes blanches et leurs toits en tuiles marrons. L'avantage de la Colombie, c'est qu'il n'y a pas un seul touriste ou presque, donc nous avons pu déambuler tranquillement sans être alpaguer par un vendeur d'artisanats ou de tours organisés !!

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Aujourd'hui, nous avons fait une toute petite étape pour faire un détour jusqu'au petit village de Sylvia, réputé pour son superbe marché indigène du mardi, bon timing ! Nous allons donc le découvrir demain matin !

A bientôt

Caro

PS: Comme d´habitude, à votre gauche un nouvel album Colombie, et à votre droite l´itinéraire mis à jour

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22 novembre 2009

Ecuador, le résumé

Salut fidèles lecteurs,

Bientôt deux semaines que nous sommes en Ecuador, nous serons sortis dans deux jours, il est temps de faire un résumé de ce pays aux différentes facettes.

Facette 1, le pays qui monte et qui descend
L´Ecuador est un pays difficile pour les cyclistes, et ça nous le savions par tous ceux que nous avions croisés et qui y étaient passés. Ici le plat est un cas particulier de la montée ou de la descente, c´est à dire très rare .. Et les dénivelés ne sont pas du 4% ou 5% comme on en trouve ailleurs, mais plutôt du 10% à 15% qui vous font rarement quitter votre petit plateau et petit pignon. En gros, ça grimpe sévère pendant 1.000m de dénivelé, quelques heures de dur labeur passent, puis enfin la descente mais tellement rapide (forcément descendre du 12% de moyenne, ça fonce!), on se retrouve presque instantanément en bas de la montée suivante ...
En gros, si vous voulez vous faire une idée du relief, voici par exemple le relief de la route 35 que nous avons empruntée : 
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Autant vous dire que ce ne fut pas de la tarte! Heureusement que les décors sont vraiment sympas, autant que les Ecuadoriens d´ailleurs.


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Facette 2, la jungle

L´Ecuador peut être divisé en 3 parties : la côte à l´Ouest, les Andes au milieu, et la Jungle à l´Est. Histoire de quitter un peu les Andes que nous remontons depuis 2 mois et demi, nous voulions goûter un peu à la Jungle et sa chaleur moite.

Et nous ne fûmes pas déçus ! Verdure luxuriante, oiseaux de toutes les couleurs, fruits inconnus au bataillon, serpents écrasés tous les kilomètres, colibris, chaleur humide, etc. Rien à voir avec ce que nous connaissions dans les montagnes, un monde à part. C´est quand même dur de faire du vélo avec cette chaleur, il faut boire beaucoup plus pour transpirer beaucoup plus. Nous cherchons comme de l´or les trous d´ombre dans les montées qui ne perdent pas de leur pente aiguë. Mais toutes ces couleurs font partie d´une palette nouvelle pour nous, et chaque instant, chaque senteur, chaque nouvelle saveur, nous font sentir que nous sommes là où nous sommes : au beau milieu de la jungle amazonienne.

Nous remontons donc tranquillement jusqu`à Quito, et faisons un petit détour par la toute petite ville de Mishahuali, bien enfoncée dans la jungle. Là-bas, nous rencontrons notre pote Jake rencontré au Salar en Bolivie, et en profitons pour faire un tour en pirogue jusqu`à une réserve non loin. Petite anecdote, on a vu pas mal d´animaux bien junglesques dans cette réserve, mais c´est au retour, à moins de 500m d´arriver à notre hôtel de Mishahauali, que nous croisons une mygale digne de celles des reportages sur Arte, et que 200m après, je manque de marcher (la nuit tombait) sur un serpent dont les couleurs noire, orange et blanche vous disent que sa morsure ne doit pas faire du bien ... Nous voilà enfin vivants dans notre hôtel, sympas les animaux dans la jungle ...!

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Facette 3, Quito, capitale charmante

Malgré une insécurité montante, Quito reste vraiment une ville charmante, surtout le vieux quartier, où nous avons résidé. Dans le style de La Paz, la ville est en trois dimensions, perchée au coeur des montagnes et dominée par un volcan.
Difficile de raconter l´ambiance d´une ville, on se contentera donc de quelques clichés pris du haut du clocher de la Cathédrale
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Facette 4, le pays aux deux hémisphères

On le sait déjà, rien qu´à son nom, l´Ecuador est situé sur l´équateur, et même Quito doit être située à latitude 0.3 degrés. Nous avons franchi cette ligne virtuelle aujourd´hui même en vélo, et bien croyez-le ou pas, mais laissez-nous vous dire que avant ou après la ligne, et bien c´est exactement pareil ! Pas de changement radical, mêmes gens, mêmes paysages, mêmes voitures, et mêmes tout ! (bizarre non ?!?!) J´ai même essayé le fameux truc du tourbillon dans le lavabo, et bien avant l´équateur, j´ai du avoir 75% dans le sens inverse des aiguilles d´une montre, il faut que je finisse l´expérience ce soir, mais croyez bien que le résultat ne me laisse pas beaucoup de doute ... : la force de Coriolis dans les lavabos, c´est du pipo !

Enfin bon, c´était surtout l´occasion de prendre de belles photos à cheval sur les deux hémisphères et de passer et repasser d´un hémisphère à l´autre en un petit saut .. :

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La suite vous la connaissez déjà, à nous la Colombie et toute la bonne cocaïne ! Sinon sans blague, café, montagnes, rumba et jus de fruits, la Colombie bien loin des clichés, on a hâte d´y être !

Et puis après ça, l´aventure continue en France, avec vous cette fois !

Bisous à tous, et à très bientôt !

  Stéphane, pour Stéphane et Caroline, les deux cyclistes en Amérique du Sud


PS: Esprit, si tu m´entends (ou me lis), laisse-moi un commentaire, ça fait toujours tellement plaisir !

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16 novembre 2009

Les ambassadeurs du look !

Salut à tous !

Bon, ça faisait longtemps que j'avais envie de vous le dire, mais vous l'aviez peut-être déjà remarqué : en vélo, on a un vraiment des looks de merde. Oui, la mode est mise à mal, de toutes façons, tout le monde croit qu'on est américain donc c'est pas grave, la French Touch n'est pas vraiment remise en cause !

Je crois que le pire, c'est quand on est sous la pluie. Il faut dire que comme on n'a eu pour l'instant que 1 journée de vraie pluie en tout et pour tout, on n'est pas spécialement équipé pour ! Donc, notre journée de pluie, ça a donné ça :

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Bonnet péruvien surmonté de la casquette pour Esteban. Oui, la visière de la casquette s'avère être un bon protège-goutte ! Ensuite, ne pas oublier de mettre le pantalon (pas imperméable évidemment, ce serait trop facile) dans les chaussettes pour éviter les courants d'air !

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Pour moi, c était casquette avec capuche, mon magnifique manteau acheté en Bolivie, jaune fluo et fourré polaire (je vous dis pas comme c'est agréable quand il pleut mais qu'il fait chaud, le simple coupe-vent léger nous a bien manqué !). Le summum de mon "accoutrement", c'est quand je mets mes sandales avec mes chaussettes : oui, c'est vraiment pas classe, mais tellement confortable !!

Mais après 2-3 jours dans les Andes Equatoriennes (avec quelques pluies), nous sommes arrivés dans la jungle et là, plus de pluie mais une chaleur torride et humide. On a troqué nos pantalons contre des shorts. J'ai même fait 2 jours "Paris la mode" en mettant un legging sous mon short pour éviter les coups de soleil ! Mais il fait vraiment trop chaud donc le short, c'est mieux !

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Nous sommes actuellement dans le village de Misahualli, sur la rivière Napo, dans la jungle amazonienne et c'est très chouette. Depuis la frontière Pérou - Equateur à Macara, on est remonté par l'Est (région Oriente) pour éviter un peu les Andes et profiter de la jungle. Il y a plein d'insectes, de papillons et de serpents sur la route (morts les serpents heureusement, mais certains ont de belles tailles quand même !). On a aussi vu un fourmilier, mort aussi, c'est la dure loi de la route pour les animaux.

Bisous à tous !!

Caro

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08 novembre 2009

Ils ont traversé les Andes !

L´objectif en quittant Cusco était clair : traverser les Andes en largeur. Depuis presque 2 mois dans les montagnes, nous avions pour l´instant toujours remonté vers le Nord, en suivant les chaînes, souvent sur de l´altiplano, des plateaux en altitude. Nous avons donc été relativement épargnés en terme de cols à rallonge. Cette fois-ci ,c´est différent, pour rejoindre l´océan, il nous a fallu traverser les différentes sierras (chaînes), en passant par des cols de plus de 50km à chaque fois...

IMG_0323Le premier fut passé en 1 jour et demi (voir dernier message de Caro). Suite à cela, nous avons rejoint la base du deuxième col : deux jours de vallée à remonter une rivière, ce qui veut dire faux-plat montant sur presque 120 kms. Pas beaucoup d´hôtels dans cette vallée mais beaucoup de jolis petits villages. Nous avons planté la tente le premier jour sur un terrain de foot dans un hameau et passé une soirée sympa à discuter avec deux habitants. Le deuxième jour, on nous a proposé de poser nos matelas dans une pièce derrière un restaurant, et là aussi, nous avons bien discuté avec les gérants du resto et on s´est pas mal poilé ... ! Sympas ces Péruviens.

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Nous avons été aussi dépassés sur cette portion par une vingtaine de cyclistes faisant un tour d´Amérique du Sud : leurs affaires étant dans un camion qui les suit et leur prépare bouffe et bivouac, ils enchaînent plus de 100 bornes par jour et ne visitent rien ... à les voir, on est content de voyager comme on le fait, et d´avoir la liberté qu´ils n´ont pas en faisant partie d´une organisation ... Néanmoins, ils nous ont invités à manger à leur bivouac, et nous avons récupéré pas mal d´infos sur l´Equateur. Encore une soirée sympa.

Nous voici donc une nouvelle fois en bas du mur, avec 40km prévus de lacets juste après le réveil, et encore 40km de montée plus douce ensuite ... Cette fois-ci encore, nous découpons l´étape en 2 et dormons après 60km dans le petit village de Pampamarca, où les regards des enfants nous font vraiment sentir que nous sommes différents : dans la salle où nous déjeunons, tous les prétextes sont bons pour rentrer et venir regarder les deux étrangers que nous sommes ... pas moins de 10 ou 15 jeunes défilent devant nous en nous dévisageant, l´air intrigué ..

Le lendemain, nous finissons tranquillement la montée jusqu`à 4600m d´altitude, puis enchaînons du plat, avant la descente tant attendue et méritée : pendant 50km, nous filons sans effort jusqu`à la petite ville de Puquio, où nous passons la nuit après avoir trouvé difficilement une auberge qui nous accepte. Avec plus de 100km dans les pattes, nous dormons facilement.

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Nous voici encore et encore une fois en bas de 60km de montée en lacets. Après les 2 cols de près de 60km à plus de 4000m, nous ne voyons pas d´inconvénients à se faire un peu aider, nous n´avons plus rien à prouver (surtout Caro qui m´épate de plus en plus !) !  Nous montons donc dans un taxi brousse pendant 20km avec plein de gens sympas partant travailler dans un village plus haut, puis nous embarquons dans le coffre de 2 géologues en prospection avec qui nous discutons beaucoup et qui nous apprennent beaucoup de choses sur le Pérou. Après avoir réciproquement dévoilé quelques secrets sur notre beau pays, ils nous débarquent en haut du col, au début de ce qui est censé descendre pendant 100km ... Je dis censé descendre car généralement entre ce que nous disent les gens et la réalité, il y a toujours un gap : "tu vas voir, ça descend tout le temps" ... oui, en moyenne oui, mais en réalité, il y a toujours une belle montée à laquelle on ne s´attendait pas ... Après donc 20km de plutôt plat, nous enchaînons effectivement près de 80km de descente : du pur bonheur ! C´est assez indescriptible comme moment la descente après tant d´efforts, un moment de plaisir intense, où les yeux en prennent plein la vue, et où l´esprit peut divaguer à sa guise .. un moment où l´on se sent heureux, léger et sans soucis .. De plus, l´endroit est magique : après plus de 600 km à traverser les Andes, nous arrivons au point où les montagnes se terminent, nous descendons jusqu'à la mer, le soleil descend et les couleurs changent ... nous arrivons à notre but, le soleil se couche sur la ville de Nazca, lui donnant une teinte rosâtre .. Quel moment de tranquillité, c´est vraiment pour des moments comme cela que nous voyageons !

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Voici donc maintenant presque deux semaines que nous sommes au Pérou, et ce pays est vraiment très grand ! Voyant le temps qui court, nous décidons de nous rendre directement vers la frontière Equatorienne en bus, pour se concentrer sur ce qui nous attire encore plus que les pays précédents, l´Equateur et la Colombie. Aux dires de tous les cyclistes que nous rencontrons sur notre route, ces deux pays sont souvent le meilleur souvenir que les gens ont de leur voyage, surtout le deuxième. Avec seulement encore un peu plus d´un mois pour rejoindre notre destination finale, nous prenons donc un premier bus jusqu`à Lima où nous attendent Inès et Rachid, un couple d´amis Français.

Nous n´attendions pas grand chose de Lima, mais nous avons été très agréablement surpris par cette ville. Inès et Rachid nous ont montré en l'espace du peu de temps que nous avions que Lima est une ville agréable, jolie et pleine de charmes, avec des habitants accueillants. Nous avons même passé la soirée dans une Peña traditionnelle, sorte de cabaret local avec musique, danse et plein de bières ! 

Après un deuxième bus de nuit, nous voici donc en Equateur, à Macara, la ville frontière avec le Pérou. Ici, il fait chaud, chaud, chaud, et nous sommes prévenus : ici, il paraît que le plat n´existe pas, que des montagnes russes ... ça promet. Nous entrons donc une n-ième fois dans un nouveau pays, en espérant qu´encore une fois, il nous réservera de belles rencontres et aventures !!

On vous raconte tout cela dans le prochaine épisode. C´est déjà pas mal que vous ayez lu jusque là !! Merci à vous ! Et on se voit très bientôt !

Bisous à tous.

Stéphane

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01 novembre 2009

No se cansan ?

C'est ce que nous demandent tous les Péruviens quand ils nous voient arriver en vélo : "Vous ne vous fatiguez pas ? ". Bon, on répond souvent que non, mais hier et aujourd'hui, il faut avouer que ça a été rude ! Hier, 45 km de pure montée (oui, oui, aucune descente !) et ce matin, on a fini les dernières 15 bornes de montée avant de se faire bien plaisir sur la descente de 30 km bien méritée jusqu'à Abancay ! On s'en souviendra de cette portion Puente Cunyac - Abancay : 60km de montée pour 2000m de dénivelé ... ça use !

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Nous sommes donc depuis 1 semaine au Pérou. Après avoir quitté La Paz et longé les bords du Lac Titicaca pendant quelques jours (très joli côté bolivien, un peu moins côté péruvien), on a pris un bus pour se rapprocher plus rapidement de Cuzco. Cuzco ... une ville très mignonne, avec plein d'églises et de places très jolies, des petites échoppes et des restaurants très bien décorés ... et surtout le point de rendez-vous de tous les touristes allant au Machu Picchu ! Tant qu'à en être si près, j'ai pris mes billets de train pour aller le visiter ! (Esteban a préféré aller faire du vélo pendant ce temps-là) C'est vrai que c'est très très touristique et hors de prix (les billets de train + l'entrée au Machu Picchu coûtent environ 120 dollars ... quand on connaît le niveau de vie des péruviens, c'est juste scandaleux !). Mais ça vaut le détour !

On a ensuite repris les vélos et nous voilà partis pour une dizaine de jours de traversée des Andes pour rejoindre la côte pacifique. Traverser les Andes, ça veut dire des grosses montées et grosses descentes tous les jours, comme ça a été le cas hier et aujourd'hui, ça promet !! Mais on a de belles récompenses : hier soir, on a planté la tente dans un des seuls jardins plats de la montagne, chez des péruviens très sympas et avec une vue pour le petit-déjeuner sur toute la vallée qu'on avait si durement montée au top !!

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Que dire de plus sur nos premiers jours au Pérou ? Dans les trucs un peu pénibles, on nous appelle souvent "Gringo, Gringa ou Gringuita" ce qui est assez chiant. Au début, on essayait de leur expliquer qu'on n'était pas des américains puis on a vite lâché l'affaire ! Les Péruviens (comme les Boliviens et les Argentins) ne savent pas non plus évaluer les km de montée ... Hier, il y en a un qui nous a fait rêver en nous disant qu'il ne restait que 5 km de montée ("mas o menos") alors que le col était en fait à encore 25 km, on a cru rêver ! Dans un autre genre, je me suis aussi pris des pierres par des enfants sur la route. Je peux vous dire que le petit a détalé quand j'ai pilé et que je l'ai engueulé comme il faut ! On a eu aussi ces derniers jours des petits insectes qui nous ont littéralement bouffé les bras et les jambes, inutile de vous dire que se gratter en plein montée, c'est pas la joie !

Mais il y a aussi de belles rencontres, de la super bonne bouffe et des paysages magnifiques qui nous font oublier ces petits désagréments !

On pense bien à vous tous !

Caro

PS: Un nouvel album Pérou à votre gauche ...

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24 octobre 2009

Nouvelles du front Bolivien

Salut les artichauts,

Voici quelques nouvelles du front en Bolivie où la bataille fait rage.

Nous nous sommes quittés la dernière fois à Tupiza, petite ville bien Bolivienne, mais surtout porte d´entrée pour les touristes voulant admirer les beautés du coin. Nous avons donc, une fois n´est pas coutume, enfilé nos costumes de touristes, booké un tour en 4x4 de 3 jours, et demandé à mettre nos vélos sur le toit afin de ne pas revenir au point de départ. Il faut bien avouer que les paysages que l´on a croisés pendant ces 3 jours sont à en perdre la boule (voir photos album Bolivie) : volcans, lacs verts, flamands roses, etc ... chaque jour des choses encore plus belles. Néanmoins, la passivité d´un voyage en 4x4 ne laisse pas profiter de tout comme en vélo, et que côté rencontres, c´est plutôt avec le gros touriste du coin que le Bolivien traditionnel. Après trois jours, nous nous faisons déposer avec nos vélos sur le salar D´Uyuni, adieu les touristes, on the road again baby !

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La magie de rouler en vélo sur le salar est indescriptible. Nous sommes seuls au monde sur notre désert blanc de sel, les petits murets de sels craquent sous nos roues, nous roulons dans tous les sens, avec pour seul repère le volcan vers lequel nous nous dirigeons pour dormir. Nous prenons quelques clichés pour immortaliser le moment (cf Album), et nous rejoignons en quelques heures la côte du Salar pour la nuit.

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Nous voilà donc partis pour une semaine de route jusqu´à Oruro. Première nuit à Salinas où nous passons la soirée avec deux autres cyclistes Suisses dans un village vraiment bien où les rencontres sont faciles. Nous avons ensuite deux jours terribles jusqu´à Huari, où la piste de pierres et parfois de poussière nous donne vraiment du mal. Nous croyons au bonheur 10 minutes en pensant emprunter une route fraîchement terminée, mais il s'agit en fait d´une route non terminée où le goudron est encore liquide. Un couche de mazout se colle donc à nos roues, en en projetant pas mal sur nos fringues et nos mollets, et quand nous nous rendons compte du bourbier dans lequel nous partons, nous repartons sur la piste où une grosse couche de cailloux et de poussière se colle au goudron de nos roues .... Nous continuons donc dans le sable repeint en Dalmatiens, faisons un petit crochet par la voie de chemin de fer qui est finalement moins dure, et arrivons pour la nuit à Huari, vidés comme des truites ... l´hôtel va faire du bien après la nuit dans la tente la veille.

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Après une bonne nuit, nous rejoignons Challapata, où le marché vaut vraiment le coup d´oeil. Nous décidons de faire un crochet en bus à Potosi car il paraît que la ville vaut le coup. Après 4H, nous y sommes, et effectivement, la ville est sublime. Perchée à 4100m, cette ancienne ville coloniale est remplie de charmes et de mineurs. Nous ne manquons pas la visite des mines le lendemain, mines toujours en activité : galeries étroites, chaleur, rencontres avec des mineurs, cette visite retourne vraiment et nous montre le quotidien de ce métier pas facile.

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Ce sont ensuite 2 jours tranquilles entre Challapata et Oruro, nuit à Poopo où nous profitons des bains thermaux pour nous laver, et faisons des rencontres sympas, encore. C´est vraiment ça qui est bien dans le voyage en vélo, on s´arrête toujours dormir dans des villages où nous n´irions pas en bus, et le contact est vraiment facile.

Oruro est une ville qui bouge! Nous ne comprenons pas comment il est possible d´avoir une constante activité comme cela, mais il y a du monde partout ! Nous mangeons comme tout le monde au marché, et le soir, la ville entre littéralement en ébullition: ça danse de partout, des fanfares défilent dans les rues ... il s'agit en fait de la répétition générale du carnaval étudiant du Dimanche ... quelle chance d´être là à ce moment là !

Afin d´éviter une entrée difficile dans la capitale, nous rejoignons La Paz en bus. La Paz .... incroyable La Paz ! Cette ville est tout simplement hallucinante dans tous les sens du terme. A 3700m d´altitude, la ville est nichée entre des chaînes de montagnes, dont le Mont Jenemerappelplussonnom à 6500m qui la surplombe. La ville fait penser à un immense MontMartre : rien n´est plat, un dédalle de ruelles qui s´enchevêtrent, des maisons à flancs de montagne qui font penser à une immense favela de Rio, et des maisons colorées qui donnent un charme particulier. Après une bonne balade, nous passons à la casa des cyclistas, un carrefour de tous les cyclotouristes internationaux, où nous faisons plein de rencontres, et prenons de bonnes notes afin de planifier notre descente de la route de la mort le lendemain ....

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La route de la mort ... quel nom évocateur pour cette ancienne route rejoignant La Paz à Couroico, un dénivelé de 3600m en 65km, 5H de descente non stop, sur une piste de 3.20m de large à flanc de montagne ... Combien de personnes ont péri sur cette route à l´époque où elle était encore utilisée ... Heureusement, aujourd´hui une nouvelle route existe, et cette ancienne piste fait le bonheur des cyclistes aventureux ! Nous descendons donc en une journée avec nos vélos. Des montagnes pelées tout en haut à la verdure et la moiteur tropicale à l´arrivée, nous en prenons vraiment plein la vue ! Mais on ne peut pas en dire autant de nos montures, qui  comprennent pourquoi cette route s´appelle la route de la mort ... Sur la journée, je casse la tige de ma selle, ma pédale droite se bloque, je casse mon garde-bout et ma bouteille .... sacrée journée !

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Après un passage dans un magasin de vélo pour réparer tout ça ce matin, nous voilà prêts à quitter la Paz pour le Pérou. Le plan initial de travailler dans une ONG à Cochabamba est tombé à l´eau à cause d´un quiproquo ... les plans changent, comme d´habitude ... Nous voilà donc partis pour deux derniers mois de vélos, de rencontres et de belles choses ... direction le Nord baby !

Enfin, nous avons une date de retour prévue. Notre dirigeable arrive à Paris le 18 Décembre après 26 jours de traversée. On a tellement hâte de vous voir tous ... !

Gros bisous à tous, et à très bientôt !

Stéphane et Caroline

PS: Nous avons ajouté toutes les photos dans le nouvel album Bolivie à gauche.

PS2: J´ai mis l´itinéraire à jour, ici à droite

PS3: La meilleure console

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11 octobre 2009

Bienvenido a Bolivia

Salut les grenouilles,

Alors où en étions-nous au dernier point parcours .... ah oui, à Cafayate, au pays du steak ! Et bien sachez tout d´abord qu´à Cafayate, on s´est mangé des bons steaks (et oui) avec Sarah et Sébastien, deux cyclistes partis d´Alaska et à destination d´Ushuaia. Super soirée, bon courage à vous deux pour la fin !

IMG_2454Nous avons ensuite fait les 180km jusqu´à Salta en trois jours, avec un bivouac la première nuit. Pas de bruit de chevaux cette fois-ci mais un renard enrhumé qui nous a bien fait sursauter ! La route no 9 est vraiment magnifique, une oeuvre minérale comme pensée par un savant fou !

A Salta, nous avons dormi dans la maison de Ramon et sa maman Tina. Ramon est un cycliste lui aussi qui offre le logis aux cyclistes de passage. Très bons moments là-bas aussi, et nous avons rencontré encore deux autres cyclistes allant vers le sud.

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Nous reprenons ensuite la route toujours vers le nord après une journée de repos. Un premier petit col nous attend juste après Salta, mais la descente magnifique fit vraiment vite oublier la douleur de la montée. Entre Salta et Jujuy, on se croyait vraiment en Provence. Nous passons la nuitée à El-Carmen, chez un type plutôt sympa. Le lendemain, après un passage éclair à San Salvador de Jujuy (où on sent déjà la Bolivie approcher dans le bordel ambiant et les traits des gens), nous savons qu´ensuite ça monte jusqu`au col de Tres Cruces à 180km de là. Nous découpons cette ascension en 3 jours. L´après-midi, nous montons un premier 700m de dénivelé qui nous a bien fait mal aux jambes , et passons la nuit à Volcan.

Entre Volcan et Tilcara, nous passons voir la montagne aux Sept couleurs, sympa mais vraiment parce que c´est juste à côté. Tilcara est un village vraiment joli, et nous dormons dans le camping. Le soir, on se cuisine un bon asado (barbeuc) avec un bon malbec, car nous savons que la Bolivie approche et qu´ils nous faut faire le plein de bonne bouffe. Le lendemain au départ, nous avons plein de potes chiens qui nous escortent jusqu´à la fin de la ville. C´est marrant, comme des gardes du corps, ils nous ouvrent le chemin et ferment la route derrière nous (voir photo) !

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Nous parcourons les 42km vers Humahuaca, on nous déjeunons. C´est là aussi un village très coquet. Nous décidons cependant de parcourir 16km plus au nord pour dormir, car le programme de demain est un col à 3700m et nous préférons prendre de l´avance. Très bonne idée car nous passons la nuit dans la famille Lamas, une famille qui a une maison entourée de cactus au milieu de nulle part, un peu à l´écart de la route nationale. Ce soir, ils nous apprennent à cuisiner la tarte au quinoa , et nous discutons de leur vie, vraiment basée sur l´auto-suffisance. Ils vivent chichement avec leurs 2 filles, mais quelle chaleur humaine dans ce foyer !

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Le lendemain, direction la montée, "Au revoir Hector et Clara", merci pour cet accueil incroyable ! 45km de montée plus loin, et après avoir croisé Nicolas et Chloé, deux cyclos touristes sur des vélos assis (ça a vraiment l´air confortable), nous voilà à 3780m ! La montée était cependant tellement belle qu´elle en faisait parfois presque oublier l´effort. Nous redescendons ensuite pour cuisiner quelques pattes avec le réchaud, puis nous arrivons à Abra Pampa pour la nuit.

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Le lendemain, nous mangeons littéralement la dernière étape de 75km avant la Bolivie. Nous entrons donc dans ce nouveau pays en laissant 2 mois d´Argentine derrière nous et plein de nouveaux amis. Nous entrons donc en Bolivie, et ça change énormément, et ce n´est pas pour nous déplaire ! L´Argentine est très formatée à l´Européenne (sauf vers la fin quand même), alors qu´en Bolivie, on retrouve un peu du bordel que nous connaissons déjà des pays d´Asie et d´Afrique. Les marchés, les étales d´épices, et vendeurs ambulants, les senteurs, les gens très typés et habillés de façon traditionnelle nous font entrer dans un nouveau monde. Le soir, on se fait un petit repas dans une petite échoppe bien locale, discutons un peu avec des locaux, et nous passons voir la remise des diplômes de la promotion 2009 (y´avait une fanfare, on croyait que c´était une fête populaire !).

Le lendemain, nous parcourons les 95km jusqu´à Tupiza en bus car tous les cyclistes que nous avons vu nous ont dit que la piste était infernale à vélo. Nous voici donc aujourd`hui à Tupiza, et on sent les nouvelles aventures arriver dans ce nouveau pays !

Voilà pour le résumé de ces derniers jours ! On espère que ça se passe bien par chez vous, et sachez bien que malgré les super choses qu´on vit ici, vous nous manquez tous et qu´on a hâte de vous revoir !

A bientôt

Stéphane et Caroline

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06 octobre 2009

Don´t cry for me Argentina

Bonjour à tous !

Voilà, on va bientôt franchir le Tropique puis quitter l'Argentine pour rentrer en Bolivie. Déjà presque 2 mois que l'on était en Argentine ... ça va nous manquer ! Mais on a plein de souvenirs "typiquement argentins" dans la tête, en voici quelques uns en vrac :

IMG_2309- les asados du dimanche avec de la viande trop bonne et pas chère, en particulier l'asado de tira et le bife de chorizo. Plus récemment, on a aussi testé un bon churrasco de lomo. Au milieu du repas, quand tout le monde se délecte, quelqu'un lance "un aplauso para el asador" afin de féliciter le cuistot familial.

- la "carne" sous toutes ses formes : asado évidemment, mais aussi milanesas (boeuf) et supremas (même chose mais au poulet), empanadas, pastel de papas (hachis parmentier amélioré), et j'en passe ...

IMG_2414- les bodegas le long de la route entre Mendoza et San Juan, puis vers Salta. C'est vraiment les régions du vin et certains sont très bons, notamment les Malbecs qui poussent très bien vers Mendoza.

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- le maté. Les argentins ne se baladent pas tous dans la rue avec leur thermos et leur tasse comme en Uruguay mais le maté reste LA boisson par excellence. C'est convivial, tout le monde se le fait passer et celui qui a préparé en premier prépare la recharge pour tout le monde. On n'utilise qu'une seule tasse (spéciale, avec une paille en acier avec filtre pour ne pas que les herbes remontent). C'est cette tasse que les gens se font passer quand ils l'ont finie. On en boit à toute heure, et tout spécialement, quand quelqu'un débarque chez un ami, il se fait proposer du maté.

- le tango, surtout à Buenos Aires. Il y a le vieux tango (dansé par l'ancienne generation) et le nouveau tango, dansé par les jeunes et avec davantage d'acrobaties et de trucs techniques. Evidemment les vieux trouvent que le nouveau tango a perdu de son essence et que "c'était mieux avant".

IMG_2165- la vie de famille. La famille nombreuse commence ici à partir de 7 enfants (contre 3 en France !), les familles sont donc assez larges ! Il arrive souvent, pour des raisons financières, qu'un ou plusieurs des enfants vivent encore chez leurs parents une fois mariés et avec des enfants, ça permet de diminuer les coûts. Les liens paraissent plus forts ici, avec les enfants qui passent chez leurs parents à toute heure simplement pour dire bonjour.

- Les horaires décalées et la siesta. Ici c'est encore pire qu'en Espagne. On déjeune vers 15h, on dîne à 22h30, on commence à sortir à minuit et on ne va pas en boîte de nuit avant 3h du matin ! Il faut dire aussi que la sieste est très présente et, de 13h à 16h30, il ne faut pas trop compter sur l'ouverture des commerces. C'est particulièrement vrai dans certaines villes du Nord-Ouest argentin qui s'endorment littéralement à ces heures-là.

- la crise de 2001, le pessimisme argentin et le rejet des Yankees. Il y a des familles qui ont beaucoup perdu lors de la crise de 2001. Beaucoup de personnes se sont fait licenciées, notamment par les entreprises étrangères qui n'avaient qu'une idée en tête : fuir ce pays. Les argentins semblent quand même être plein de ressources : la plupart n'ont pas baissé les bras et ont trouvé des petits boulots pour survivre. Pour autant, ils restent assez pessimistes sur l'avenir de leurs pays, pensant qu'ils sont davantage entrain de reculer que d'avancer : la corruption, l'exploitation des ressources de leur pays par des sociétés étrangères qui profitent justement de cette corruption, le chômage,...

Il y a aussi beaucoup de choses que l'on remarque plus particulièrement depuis notre vélo :

IMG_2322- les petites chapelles tout le long de la route. Il y a en presque tous les 5-10 km, elles sont vouées à des saints profanes comme le Gauchito Gil ou la Difunta Correa. Mais surtout, elles sont érigées en l'honneur des personnes qui sont mortes d'accidents de la route. On peut donc facilement réaliser que ces routes peuvent être dangereuses ...

- les argentins ne savent pas faire des cartes routières correctes : aucune indication de l'altitude, pourtant une info primordiale pour nous ! (ahh nos bonnes vieilles cartes Michelin ...). Les km marqués sur nos cartes et ceux marqués sur les panneaux de la route concordent rarement donc on ne sait jamais si le village est à 5km ou 10km (ce qui fait une grosse différence en vélo, surtout dans les montées, argh ..). Enfin, la carte routière marque tous les villages de la même manière, y compris ceux qui sont abandonnés, donc on a eu des mauvaises surprises dans les vallées désertiques : le village où on pensait trouver de l'eau et un casse-croûte n'était qu'un village fantôme ...

- les chiens errants : oui, il y a beaucoup de chiens errants dans les villages mais bizarrement, ils ne sont pas agressifs, car visiblement bien nourris, entre les poubelles des restaurants et la nourriture que leur donne certaines personnes.

- "subir" : c'est le mot espagnol, tout à fait approprié, pour dire "monter". Je trouve ça extra, en ce moment on ne fait que "subir" vers l'altiplano bolivien !

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- "suerte" : littéralement "chance", les gens nous le disent à chaque fois que l'on remonte sur nos vélos !

Bon, il y a encore plein d'autres choses mais ça fait déjà beaucoup à lire !!

Alors Suerte à vous tous !

Caro

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